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Accueil > Culture > Port en littérature > Alphonse Daudet

Alphonse Daudet

Alphonse Daudet (1840-1897)

"Saint-Nazaire s'avançait au bord des flots, son clocher en vigie sur la hauteur, sa jetée continuant la rue jusqu'au large."

Inutile de présenter Alphonse Daudet, le savoureux romancier, auteur du "Petit chose", de "Tartarin de Tarascon" et des "Lettres de mon moulin" , dont Bizet mettra en musique un épisode: "L'Arlésienne". Se rapprochant de l'école naturaliste de Zola, Daudet garde cependant sa verve de conteur provençal, sa sensibilité et sa bonne humeur. Dans "Jack", il nous fait suivre la vie d'un pauvre garçon de huit à vingt-deux ans, date prématurée de sa mort. Voici que Jack arrive à Saint-Nazaire pour travailler sur un paquebot transatlantique. Sur plusieurs pages, Daudet décrit l'estuaire, les bateaux transatlantiques et leur public coloré.

"Là-bas, sur la droite, avec ce resserrement de tous leurs toits que les ports de mer présentent entre les roches, Saint-Nazaire s'avançant au bord des flots, son clocher en vigie sur la hauteur, sa jetée continuant la rue jusqu'au large. Entre les maisons, des mâts se dressaient, se croisaient, mêlés de loin les uns aux autres, et si serrés qu'on eût dit qu'un seul coup de vent avait poussé ce paquet de vergues dans l'abri du port. En approchant, tout s'espaça, se sépara, s'agrandit. (...)

"Jack et son compagnon n'avaient donc pas le temps de voir la ville qu'emplissaient, à cette heure, l'animation et le train d'un jour de marché débordant jusque sur le port. (...) Des matelots de tous les pays, de petites bourgeoises de Saint-Nazaire, des femmes d'ouvriers ou d'employés de la compagnie, se hâtaient dans le marché où le coq du Cydnus achevait de ramasser ses dernières provisions. (...)"